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Floryan Varennes

Du Mardi 1 Septembre au Lundi 30 Novembre 2020


A contre-courant du matérialisme contemporain, Floryan Varennes travaille le corps, ses représentations et ses extensions, sans le montrer, sensible à ce qui le constitue sans pour autant l’incarner. Le corps comme phénomène apparaît dans son œuvre comme un conglomérat symbolique dont la complexité le dispose à une extraordinaire plasticité. Pour mieux libérer son potentiel de métamorphose, il façonne des sculptures, des installations et des objets hybrides qui subvertissent les systèmes référentiels, qu’il s’agisse des conventions vestimentaires, des identités de genre, des autorités sociales ou des normes médicales. Son geste de déconstruction consiste ainsi à tordre l’histoire, à déjouer les processus d’identification et à réinterpréter les archétypes pour interroger ce corps-surface ici creusé, disséqué, déployé à partir de ses vides qui en renforcent paradoxalement la présence. Minimalistes dans leurs compositions, cliniques dans leurs présentations, ses œuvres font reposer leur raffinement formel sur une solide assise conceptuelle. Son positionnement médiévaliste correspond au besoin de réactiver l’imaginaire d’un corps idéalisé qui manque à l’inconscient collectif contemporain. Plutôt que d’y voir un contre-modèle à la modernité, Floryan Varennes réévalue la pensée du Moyen-Âge et, à travers elle, la dette contractée par notre époque à son égard. L’étude des manuscrits, tapisseries, sculptures, bas-reliefs et peintures du Moyen-Âge l’ont ainsi très vite conduit à reconsidérer l’idée d’une condamnation unanime de la vie charnelle. Pour cela, avec la notion de parure, Floryan Varennes trouve un champ conceptuel où faire converger les langages de trois lieux de représentation : le social, le martial et le médical. Partageant leur étymologie, la « parure », expression du jeu de rôle social, a ici trait à la « parade » militaire, moyen d’afficher les attributs de pouvoir, comme à « l’appareillage » thérapeutique, ou l’ensemble des dispositifs médicaux qui assistent et prolongent le corps. Par la synthèse des moyens de parer le corps, Floryan Varennes opère une révision de leurs imaginaires et les interroge sous un nouveau jour. Le brouillage entre ces trois catégories sémantiques a priori peu propices à comparaison (la société, la guerre, la médecine) permet en effet à Floryan Varennes d’opérer des rapprochements extrêmement significatifs, porteuses de questions bien concrètes, notamment sur l’idée du soin comme acte guerrier. La vaste entreprise de réforme héraldique opérée par Floryan Varennes aboutit in fine à l’élaboration d’un singulier systèmes de signes, agissant comme une infinie réserve herméneutique. Le corps qui brille littéralement par son absence trouve ici dans ces écrins le minimum plastique par lequel il peut se révéler. A l’articulation entre transhistoricité, transidentité et transfixion, son œuvre opère de sagaces transitions formelles et conceptuelles pour mieux parer les imaginaires du corps avec les attributs de l’esprit.

Florian Gaité 

 

Le programme de résidence d’artistes est organisé en collaboration avec le Parc Naturel Régional de Lorraine et la commune de Lindre-Basse.

  

 

 
Né en 1988 à La Rochelle, vit et travaille entre Toulon et Paris. Au double cursus de plasticien et d’historien, il est ancien élève de l’école d’Art de Toulon (diplômé́ d’un DNSEP en 2014) et de l’Université́ Paris X (diplômé d’un Master d’Histoire Médiévale en 2020). Il commence un doctorat en Art et Science de l'Art à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles / Université Libre de Bruxelles en septembre 2020. 
 
Depuis 2015, il a participé à plusieurs expositions collectives en France et en Europe comme au Salon de Montrouge, à la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée à Milan, au Voyage à Nantes, au Printemps de l'art contemporain de Marseille, aux Arts Éphémères, à Afiac, etc. Il est aussi lauréat du Prix Elstir pour l'Art contemporain. De plus, il a réalisé plusieurs résidences dont Pollen à Montflanquin, au Centre Hospitalier de Chambéry, Afiac au Musée des métiers du cuir de Graulhet et au Centre International d'Art Verrier de Meisenthal. Dans le cadre de plusieurs expositions personnelles, il montre ses travaux et recherches : Alter-Héraut au centre d'art d’Istres, Ultra-Lésion à la Galerie des Musées de Toulon, Hard-Care à la Galerie du Centre Hospitalier de Chambéry et Amor Armada au Musée des métiers du cuir de Graulhet. Il intègre en 2017, le Laboratoire de recherche Espace Cerveau à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne. Il donne plusieurs conférences et workshops sur ses domaines de recherches et enfin, son travail plastique a été publié dans plusieurs revues dont Artpress, Kuba Paris, Le quotidien de l’art, AQNB, Numéro Art, Daily Lazy, Figure Figure, Libération, Point Contemporain, ArtHeboMedias, Art Sacré, etc.